Passages du Coran susceptibles de légitimer des attentats La loi naturelle pour sortir de l'impasse

Pour un musulman le Coran est la parole de Dieu ; il ne se discute donc pas et ne peut qu’être récité : Coran signifie en effet « réciter », « psalmodier ». Or de nombreux passages de ce livre sont ambigus quant à l’attitude prescrite envers les non musulmans. En effet, si dans certains versets le combat est justifié quand l’islam est attaqué, dans d’autres il semble qu’il soit indiqué jusqu’à ce tout le monde croie ou soit soumis. Encore faut-il s’entendre sur ce qui peut être considéré comme une agression de l’islam : une lecture littérale pouvant conduire certains à interpréter la moindre réfutation comme une attaque méritant les sanctions explicitées dans les versets ci-après. Enfin, nous avons bien conscience combien il peut sembler injuste de réduire un ouvrage de 600 pages à quelques versets, cependant ce sont précisément ces passages qui motivent les attentats qui ensanglantent aujourd’hui l’Europe et l’Afrique. Il serait donc irresponsable de les ignorer.

La traduction française du Coran la plus diffusée

La traduction française la plus diffusée1 est celle du savant philosophe et théologien Muhammad Hamidullah2. C’est la version promue par l’ancien roi Fahd d’Arabie et publiée aux éditions Dar Albouraq, Beyrouth-Liban.

Dans la préface de l’édition papier de cette version officielle, il est précisé :

« Le désir ardent de voir apparaître une traduction saine et exempte de critiques a fait prendre au Serviteur des Lieux Saints de l’Islam, le Roi Fahd Ibn ‘Ad al-‘Azïz, alors vice-président du Conseil des Ministres, l’arrêté royal n°19888 du 16/8/1400 H. par lequel il a confié à la Présidence Générale des Directions des Recherches Scientifiques Islamiques, de l’Ifta’[des fatwa-s], de la Prédication et de l’Orientation Religieuse la responsabilité et le soin de réviser une traduction du Coran […]3

[…] la traduction du Saint Coran réalisée par le Professeur Muhammad Hamidullah devait être retenue en raison de sa clarté et de sa fidélité très proche du Texte sacré4. »

Signé : « La Présidence Générale des Directions des Recherches Scientifiques Islamiques, de l’Ifta’, de la Prédication et de l’Orientation Religieuse. »5

Ce Coran est téléchargeable en version bilingue à cette adresse : Journal du musulman.
Il est téléchargeable en version française légère à cette adresse : Le Saint Coran.
Il est consultable en ligne à cette adresse : Coran en ligne.

Convention adoptée pour repérer sourates et versets :  (Sourate, Verset).
Exemple : (4, 34) signifie Sourate6 4, Verset 34.

Insistons :
– Nous mettons en lien cette version du Coran ainsi que des copies de pages entières afin de bien montrer que les citations ne sont pas sorties de leur contexte
. Nous invitons les internautes à les vérifier.
– De même nous les encourageons à consulter ces citations dans d’autres traductions.
Enfin, nous conseillons à chacun (musulman ou non) de prendre le temps de lire le Coran et de le comparer aux Évangiles pour bien saisir ce qui différencie les deux civilisations.

Le Coran, Constitution suprême spirituelle et temporelle des musulmans

Le Coran est une Constitution Suprême qui organise la vie — tant spirituelle que temporelle — des Musulmans vivant dans la Cité-État. De là, le lecteur sera amené à constater que le Texte sacré contient non seulement un enseignement spirituel fécond, mais aussi une Morale très élevée soutenue et défendue par un Corpus juris aux règles juridiques précises et détaillées faisant de lui une discipline scientifique très élaborée7.

Le sentier d’Allah, ou la lutte contre les ennemis d’Allah

Ceux qui sont tués sur le sentier d’Allah ont la récompense

Et ne dites pas de ceux qui sont tués dans les sentiers d’Allah* qu’ils sont morts. Au contraire, ils sont vivants, mais vous en êtes inconscients. (2, 154)

* « Dans le sentier d’Allah : au service d’Allah, dans les bonnes œuvres. On comprend ici : en premier lieu la guerre et la lutte contre les ennemis d’Allah, en second lieu, toute œuvre pieuse. » Note 1.

Qu’ils combattent donc dans le sentier d’Allah, ceux qui troquent la vie présente contre la vie future. Et quiconque combat dans le sentier d’Allah, tué ou vainqueur, Nous lui donnerons bientôt une énorme récompense. (4, 74)

Et si vous êtes tués dans le sentier d’Allah ou si vous mourez, un pardon de la part d’Allah et une miséricorde valent mieux que ce qu’ils amassent. (3, 157)

Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah, soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus (3, 169) et joyeux de la faveur qu’Allah leur a accordée, et ravis que ceux qui sont restés derrière eux et ne les ont pas encore rejoints, ne connaîtront aucune crainte et ne seront point affligés. (3, 170)

Combattre ceux qui ne suivent pas le sentier d’Allah

Les croyants combattent dans le sentier d’Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier de Tagut. Eh bien, combattez les alliés du Diable, car la ruse du Diable est, certes, faible. (4, 76)

Combats donc dans le sentier d’Allah, tu n’es responsable que de toi-même, et incite les croyants (au combat). Allah arrêtera certes la violence des mécréants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition. (4, 84)

Combattre sur le sentier d’Allah sous peine de châtiment

Ô vous qui croyez ! « Élancez-vous dans le sentier d’Allah » vous vous êtes appesantis sur la terre. La vie présente vous agrée-t-elle plus que l’au-delà ? — Or, la jouissance de la vie présente ne sera que peu de chose, comparée à l’au-delà ! (9, 38)

Si vous ne vous lancez pas au combat. Il vous châtiera d’un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple. Vous ne Lui nuirez en rien. Et Allah est Omnipotent. (9, 39)

Le vrai croyant est celui qui combat sur le sentier d’Allah

Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez-eux — sauf ceux qui ont quelque infirmité — et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d’Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et bien un grade d’excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure récompense ; et Allah a mis les combattants au-dessus des non-combattants en leur accordant une rétribution immense… (4, 95)

Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allah et en Son messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d’Allah. Ceux-là sont les véridiques. (49, 15)

N’as-tu pas vu ceux auxquels on avait dit : « Abstenez-vous de combattre, accomplissez la Salat8 et acquittez la Zakat9 ! » Puis lorsque le combat leur fut prescrit, voilà qu’une partie d’entre eux se mit à craindre les gens comme on craint Allah, ou même d’une crainte plus forte encore, et à dire :
Ô notre Seigneur ! Pourquoi nous as-Tu prescrit le combat ? Pourquoi n’as-Tu pas reporté cela à un peu plus tard ?
Dis : — La jouissance d’ici-bas est éphémère, mais la vie future est meilleure pour quiconque est pieux. Et on ne vous lésera pas, fût-ce d’un brin de noyau de datte. (4, 77)

Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. C’est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas. (2, 216)

Ceux qui croient en Allah et au Jour dernier ne te demandent pas permission quand il s’agit de mener combat avec leurs biens et leurs personnes. Et Allah connaît bien les pieux. (9, 44)

Ceux qui ont cru, qui ont émigré et qui ont lutté par leurs biens et leurs personnes dans le sentier d’Allah, ont les plus hauts rangs auprès d’Allah…, et ce sont eux les victorieux. (9, 20)

Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes, Allah n’aime pas les transgresseurs ! (2, 190)

Ô prophète, incite les croyants au combat. S’ils se trouve parmi vous vingt endurants, ils vaincront deux cents ; et s’il s’en trouve cent, ils vaincront mille mécréants, car ce sont vraiment des gens qui ne comprennent rien. (8, 65)

Ce n’est pas vous qui les tuez, mais Allah qui les tue

Ô vous qui croyez quand vous rencontrez (l’armée) des mécréants en marche, ne tournez point le dos. (8, 15)

Quiconque, ce jour là, tourne le dos, — à moins que ce soit par tactique de combat, ou pour rallier un autre groupe —, celui-là encourt la colère d’Allah et son refuge sera l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! (8, 16)

Ce n’est pas vous qui les avez tués : mais c’est Allah qui les a tués […] (8, 17)

Combattez-les. Allah, par vos mains, les châtiera, les couvrira d’ignominie, vous donnera la victoire sur eux et guérira les poitrines d’un peuple croyant. (9, 14)

Envers les mécréants

Ils aimeraient vous voir mécréants comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez ; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur, (4, 89) excepté ceux qui se joignent à un groupe avec lequel vous avez conclu une alliance, ou ceux qui viennent chez vous, le cœur serré d’avoir à vous combattre ou à combattre leur propre tribu. (4, 90)

Que les mécréants ne pensent pas qu’ils Nous ont échappé. Non, ils ne pourront jamais Nous empêcher (de les rattraper à n’importe quel moment). (8, 59)

Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu’Allah connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier d’Allah vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés. (8, 60)

La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son Messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’il soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, (5, 33)

(Rappelez-vous), quand Allah vous promettait qu’une des deux bandes sera à vous. Vous désiriez vous emparer de celle qui était sans armes, alors qu’Allah voulait par Ses paroles faire triompher la vérité et anéantir les mécréants jusqu’au dernier. (8, 7)

Et ton Seigneur révéla aux Anges :
— « Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les cœurs des mécréants. Frappez donc au dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts. » (8, 12)

Un prophète ne devrait pas faire de prisonniers avant d’avoir prévalu [mis les mécréants hors de combat] sur la terre. Vous voulez les biens d’ici-bas, tandis qu’Allah veut l’au-delà. (8, 67)

Lorsque vous rencontrez (au combat) ceux qui ont mécru frappez-en les cous. Puis, quand vous les avez dominés10, enchaînez-les solidement. Ensuite, c’est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. Il en est ainsi, car si Allah voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c’est pour vous éprouver les uns par les autres. Et ceux qui seront tués dans le chemin d’Allah, Il ne rendra jamais vaines leurs actions. (47, 4)

Envers les associateurs (chrétiens), les juifs et les idolâtres

Ô vous qui croyez ! Les associateurs ne sont qu’impureté : qu’ils ne s’approchent plus de la Mosquée sacrée, après cette année-ci11. Et si vous redoutez une pénurie, Allah vous enrichira, s’Il veut, de par Sa Grâce. Car Allah est Omniscient et Sage. (9, 28)

Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, en état d’humiliation12. (9, 29)

Les Juifs disent : « ‘Uzayr est fils d’Allah » et les Chrétiens disent : « Le Christ est fils d’Allah ». Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu’Allah les anéantisse ! Comment s’écartent-ils (de la vérité) ? (9, 30)

Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d’Allah, alors qu’on ne leur a commandé que d’adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au dessus de ce qu’ils [Lui] associent. (9, 31)

Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. (9, 5)

Vous en trouverez d’autres qui cherchent à avoir votre confiance, et en même temps la confiance de leur propre tribu. Toutes les fois qu’on les pousse vers l’Association, (l’idolâtrie) ils y retombent en masse. (Par conséquent,) s’ils ne restent pas neutres à votre égard, ne vous offrent pas la paix et ne retiennent pas leurs mains (de vous combattre), alors, saisissez-les et tuez-les où que vous les trouviez. Contre ceux-ci, Nous vous avons donné une autorisation manifeste. (4, 91)

Et tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés : l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants. (2, 191)

Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injustes. (2, 193)

Ne pas se lier d’amitié avec les mécréants

Que les croyants ne prennent pas, pour alliés, des infidèles, au lieu de croyants. Quiconque le fait n’est d’Allah en rien la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux. Allah vous met en garde à l’égard de Lui-même. Et c’est à Allah le retour. (3, 28)

Dis : — « Que vous cachiez ce qui est dans vos poitrines, ou bien vous le divulguiez, Allah le sait. Il connaît tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah est Omnipotent. » (3, 29)

Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre, leur offrant l’amitié, alors qu’ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. Ils expulsent le Messager et vous-mêmes parce que vous croyez en Allah, votre Seigneur. Si vous êtes sortis pour lutter dans Mon chemin et pour rechercher Mon agrément, leur témoignerez-vous secrètement de l’amitié, alors que Je connais parfaitement ce que vous cachez et ce que vous divulguez ? Et quiconque d’entre vous le fait s’égare de la droiture du sentier. (60, 1)
S’il vous dominent, ils seront des ennemis pour vous et étendront en mal leurs mains et leurs langues vers vous ; et ils aimeraient que vous deveniez mécréants. (60, 2)

Montrer de la dureté envers les mécréants dominés

Ô vous qui croyez ! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous ; et qu’ils trouvent de la dureté en vous. Et sachez qu’Allah est avec les pieux. (9, 123)

Ne faiblissez pas et n’appelez pas à la paix alors que vous êtes les plus hauts, qu’Allah est avec vous, et qu’Il ne vous frustrera jamais [du mérite] de vos œuvres. (47, 35)

Donc, si tu les maîtrises à la guerre, inflige-leur un châtiment exemplaire de telle sorte que ceux qui sont derrière eux soient effarouchés. Afin qu’ils se souviennent. (8, 57)

Muhammad est le Messager d’Allah. Et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux […] (48, 29)

Recherche d’une solution pour sortir de l’impasse

L’impasse de la République et de sa « religion de l’Homme qui doit se faire Dieu »

À la lecture des passages précédents, on comprend combien la République se berce d’illusions quand elle essaie de fonder son unité sur une religion républicaine, définie comme « la religion de l’Homme qui doit se faire Dieu » par l’ancien ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon :

Le républicain, c’est l’homme. En d’autres termes : la religion républicaine, la religion de l’homme, où chacun est digne, respectable, conscient de sa valeur, indéfiniment perfectible. […]
La religion républicaine est une religion des droits de l’homme, c’est-à-dire dire de l’Homme qui doit se faire Dieu, ensemble, avec les autres, ici bas, et non pas du Dieu qui se fait homme à travers un seul d’entre nous 13.

Pareillement Claude Bartolone alors président de l’Assemblée nationale confirme le dimanche 18 janvier 2015 au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro …

… qu’il y a une religion suprême pour chacun d’entre nous, c’est la religion de la République.

Comment celui qui croie en un Dieu créateur pourrait-il accepter une telle abomination ?

Une issue possible : la loi naturelle expression de la volonté divine antérieure à la Révélation

Que ce soit clair : tout le monde connaît des musulmans amoureux de la France et de sa culture. Un terrain d’entente peut se trouver avec ceux-là dans une reconnaissance commune et première de la loi naturelle en tant qu’expression de la volonté divine. La loi naturelle est « la loi de droite raison », la loi du bon comportement humain accessible par les seules lumières de la raison indépendamment de toute révélation. Commune à tous les hommes, elle fait qu’un homme bon est reconnu comme tel dans n’importe quelle civilisation.

Dans le monde romain pré-chrétien, le jurisconsulte Cicéron dit par exemple :

Tous ceux à qui la nature a donné la raison tiennent également d’elle la droite raison et par conséquent la loi qui n’est que la droite raison en tant qu’elle commande ou qu’elle interdit, et si [s’ils ont reçu] la loi, [alors ils ont reçu] le droit ; or tous ont reçu la raison, donc tous ont également reçu le droit14.

Ailleurs, le même dit encore :

Il est une loi véritable, la droite raison, conforme à la nature, universelle, immuable, éternelle dont les ordres invitent au devoir, dont les prohibitions éloignent du mal. Soit qu’elle commande, soit qu’elle défende, ses paroles ne sont ni vaines auprès des bons, ni puissantes sur les méchants.

Cette loi ne saurait être contredite par une autre, ni rapportée en quelque partie, ni abrogée tout entière. Ni le sénat, ni le peuple ne peuvent nous délier de l’obéissance à cette loi. Elle n’a pas besoin d’un nouvel interprète, ou d’un organe nouveau. Elle ne sera pas autre dans Rome, autre dans Athènes ; elle ne sera pas autre demain qu’aujourd’hui : mais, dans toutes les nations et dans tous les temps, cette loi régnera toujours, une, éternelle, impérissable ; et le guide commun, le roi de toutes les créatures, Dieu même donne la naissance, la sanction et la publicité à cette loi, que l’homme ne peut méconnaître, sans se fuir lui-même, sans renier sa nature, et par cela seul, sans subir les plus dures expiations, eût-il évité d’ailleurs tout ce qu’on appelle supplice15.

De même les musulmans qui pensent selon la loi naturelle — à l’instar d’un Ahmed Atif Efendi16 — peuvent plus sûrement reconnaître la légitimité d’un roi de France catholique, lui aussi soumis à cette loi de Dieu, que celle de la République avec sa religion revendiquée d’une humanité qui se fait Dieu. C’est également la réflexion de Michel Houellebecq dans une entrevue accordée au journal allemand Der Spiegel :

Une guerre civile est dans le domaine du possible. Au fond, l’intégration des musulmans ne pourrait fonctionner que si le catholicisme redevenait religion d’État. Occuper la deuxième place, en tant que minorité respectée, dans un État catholique, les musulmans l’accepteraient bien plus facilement que la situation actuelle. Ils n’arrivent pas à se faire à l’État laïc, porteur d’une liberté de religion qu’ils ne comprennent pas. Le prophète Mahomet ne pouvait pas imaginer l’existence d’un athée17.

Et en effet, dans la Monarchie française, les non-chrétiens sont gouvernés selon la loi naturelle.

 

 

  1. Source : www.jeuneafrique.com.
  2. Muhammad Hamidullah, ce maître de conférence a travaillé au CNRS de 1954 à 1978.
  3. Le Saint Coran, la traduction en langue française du sens de ses versets, Introduction, Éditions Al Bouraq, Beyrouth-Liban, 2011, p.IV.
  4. Ibid, p.V.
  5. Ibid, p.VI.
  6. Une sourate est un chapitre.
  7. Ibid, p.III.
  8. as-Salat : Office religieux comportant un ensemble (ou cycle) d’actes dévotionnels à caractère rituel consistant à observer les positions suivantes : debout, inclinée, redressée, prosternée et assise. Dans chaque position, le fidèle est tenu de prononcer des formules déterminées. Cet office religieux dont le fidèle est tenu de s’acquitter quotidiennement n’a pas d’équivalent dans les autres religions. C’est ce qui nous a poussés à retenir le vocable « as-Salat » au lieu de le traduire en français par le mot « prière » qui se limite seulement aux invocations. (Sens de quelques termes, p.VII-VIII)
  9. az-Zakat : On serait tenté de le traduire en français par le mot « aumône ». Mais la zakat en Islam ne se limite pas à l’acte de générosité ou de charité. C’est plutôt un acte d’adoration par le versement de numéraires dont les règles sont détaillées dans le Coran et la Sunna. Le vocabulaire français ne dispose pas d’un terme équivalent, ce qui explique notre souci de maintenir l’appellation arabe. (Sens de quelques termes, p.VIII)
  10. Note de l’édition : « Vous les avez dominés : quand vous les avez affaiblis par un grand nombre de morts et de blessés. » Note 2 (47, 2)
  11. Note de l’édition : « Après cette année-ci : en l’an 8 H., la Mecque fut rattachée à l’État islamique ; mais c’est seulement un an plus tard que le Prophète envoya cette proclamation promulguant que, désormais, les polythéistes ne pourraient plus se servir de la Ka’aba pour leur culte idolâtre. L’exclusion de ces pèlerins commerçants affecta l’économie de la Ville sainte. Allah a rassuré les musulmans de la Mecque contre leur crainte d’une pénurie. » Note 1 (9, 28)
  12. Note de l’édition : « Capitation (Jizya) : c’est la taxe qu’on exige, dans un État islamique, des sujets non-musulmans, ce qui les exempte de l’impôt sur les épargnes, de même que du service militaire… les femmes, les esclaves, les mineurs, les âgés et les pauvres sont exemptés de la dite capitation. » Note 1 (9, 29)
  13. Vincent Peillon, Une religion pour la République, la foi laïque de Ferdinand Buisson, Seuil, Janvier 2010, p. 35.
  14. Cicéron, Traité des lois, I, 12, cité par A. Degert, Les idées morales de Cicéron, Librairie Bloud & Cie , Paris, 1907, p. 31.
  15. Cicéron, De republica, livre III, 17, La république de Cicéron traduite d’après un texte découvert par M. Mai, par M. Villemain de l’Académie française, Didier et C librairies-éditeurs, 1858, p. 184-185.
  16. Voir le mémorandum d’Ahmed Atif Efendi sur la République française.
  17. Michel Houellebecq, interview accordée au magazine allemand Der Spiegel, traduction Valeurs actuelles, « La dernière confession », 23 novembre 2017, p. 25.