Figures politiques du Seigneur des anneaux [3] Sauron et Bombadil : une étude inutile ?

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Clore cette étude des figures politiques du Seigneur des Anneaux par Sauron et Bombadil a de quoi surprendre : du premier, archétype du tyran, il n’est visiblement pas besoin de souligner la malignité ; du second, désintéressé de la politique, une présentation dans un tel cadre semble au mieux inutile. Pourtant, en tant qu’archétype, Sauron nous offre la possibilité de caractériser, dans un cadre politique, les causes et les manifestation

Nietzsche, ou l’esprit de subversion, par Jacques Galy (1976) La fausse anti-modernité d’un élitiste individualiste

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Des philosophes comme Éric Vœgelin ont montré que la modernité s’identifie à un processus de divinisation de l’homme, à son autonomie de la tutelle divine, et la croyance progressiste en un sens de l’histoire. Ainsi, par sa seule volonté, l’homme pourrait être acteur de son progrès vers l’homme-dieu et se faire l’artisan de l’établissement d’un Âge d’or. Cependant la modernité se décline selon deux modalités violemment antagonistes : un mode

Figures politiques du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien [2] Aragorn, successeur ou wundermann ?

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Vulgarisé sous les traits de Viggo Mortensen dans l’adaptation de Peter Jackson, Aragorn est évidemment un personnage central du Seigneur des anneaux. Pour autant, et aussi étrange que cela puisse paraître, il intéresse peu les lecteurs du roman, du moins si l’on prend en considération l’abondante correspondance entre Tolkien et ses admirateurs : on y trouve des lettres consacrées à Gandalf, à Sauron, aux Elfes, à Frodon, Sam ou Gollum, mais

Portrait du révolutionnaire, par Richard Hooker (1554-1600) et Éric Vœgelin (1901-1985) Irrationnelle modernité

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Le philosophe politique Eric Voegelin est un spécialiste des régimes totalitaires qu’il décrit comme le terme du processus gnostique d’autonomie de l’homme. Parmi les différentes manifestations historiques du mouvement gnostique, il s’intéresse ici à la révolution puritaine qui ébranle l’Angleterre du XVIIe siècle. À partir de la fin du XVIe siècle, ce pays subit en effet l’invasion du protestantisme calviniste. Ceux que l’on nomme les puritains ciblent l’opinion publique avec

Les concepts fondamentaux des sociétés de pensée et de la modernité Augustin Cochin et la genèse de la Révolution (IV)

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Impossible de comprendre la Modernité et la Révolution qui l’a enfantée sans connaître les principes des sociétés de pensée. En forgeant l’opinion publique, ces sociétés construisent — à l’insu du plus grand nombre — la société totalitaire décrite dans le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau. À tous les échelons d’un pays, elles distillent : – leurs dogmes (ni Dieu ni maître, chacun sa vérité) et – leurs croyances (le Progrès

On tanne la peau humaine sous la Révolution Française Le corps humain marchandise

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De l’Ancien Testament jusqu’à l’Antigone du Païen grec Sophocle, inhumer les morts constitue un devoir, une prescription divine. En effet, de même que l’âme, le corps est une partie de notre humanité, aussi les civilisations les plus primitives marquent-elles du respect envers les dépouilles des défunts. Pour le révolutionnaire matérialiste, l’homme n’est que matière : que pourrait-il donc l’empêcher de destiner des parties de corps humain à des fins utilitaires,

Figures politiques dans le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien [1] Gandalf, primus inter pares

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L’œuvre de Tolkien, d’abord considérée comme indigne de l’érudit qu’il était, a fini par être reconnue comme un ensemble d’une grande profondeur et d’une grande richesse. Devenu un « classique de la littérature fantasy », le Seigneur des Anneaux a cependant été victime de sa popularité et a subi une lecture minimaliste qui, l’analysant en termes de suspense, de scénario ou de renversements, a évacué l’un des aspects fondamentaux de

La Monarchie de France, par Claude de Seyssel (1519) Ou l’harmonie sociale

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Au moment où Claude de Seyssel écrit sa Monarchie de France, cet étranger, ancien conseiller du roi de France, est archevêque de Turin. Retiré de toute vie politique, il nous livre un témoignage irremplaçable sur les principes qui animent une institution qu’il admire, sur le souci constant des souverains d’établir le bien commun, cette harmonie qui existe entre les hommes quand chacun reçoit ce qui lui est dû, fût-ce le

L’abolition de l’homme, par C.S. Lewis (1898-1963) Ou l’horizon de la modernité

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L’éducation traditionnelle a pour finalité de montrer à chacun comment se conformer à notre nature, à cette loi naturelle que Lewis — l’auteur du Monde de Narnia — choisit d’appeler : le Tao. « Seul le Tao fournit à l’action humaine une loi commune qui peut englober à la fois les gouvernants et les gouvernés. La croyance dogmatique en une valeur objective est nécessaire à la notion même d’une autorité qui

Des diverses espèces de lois, par saint Thomas d’Aquin Somme théologique 1a-2æ, La loi, question 91

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À l’opposé des Modernes qui cherchent à soumettre le réel à leur volonté de domination, les Anciens s’appliquent à saisir l’intelligibilité de la Création pour se conformer à la volonté de son Auteur. En effet, Dieu gouverne le monde par la loi éternelle qui est Sa volonté. Dans la créature raisonnable, la loi naturelle participe à la loi éternelle car la lumière de notre raison nous fait distinguer le bien