Légitimité et royalisme, par Guy Augé La légitimité, ou l’obéissance libre (1977)

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432PartagesS’il est une constante dans nos sociétés modernes, c’est bien le mépris du citoyen envers les représentants du pouvoir démocratique ; pouvoir auquel il est pourtant contraint d’obéir servilement au nom d’un légalisme justifié par le nombre ou l’opinion. Un Tocqueville le déplore : « Quelque soumis que fussent les hommes de l’ancien régime aux volontés du roi, il y avait une sorte d’obéissance qui leur était inconnue : ils ne savaient pas

Le mécanisme sociologique des sociétés de pensée Augustin Cochin et la genèse de la Révolution (III)

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215PartagesPour expliquer le phénomène révolutionnaire et l’avènement des régimes totalitaires, la théorie du complot — telle que l’a formalisée l’abbé Augustin Barruel — est loin d’être satisfaisante. Augustin Cochin propose l’approche beaucoup plus rationnelle et terrible du mécanisme sociologique. Ainsi le rôle de sociétés secrètes, comme la Franc-Maçonnerie, s’inscrit-il dans le mouvement plus vaste des sociétés de pensée, lesquelles se caractérisent par leur mode de fonctionnement. Il ne s’agit ni

J. R. R. Tolkien l’antimoderne Catholique et légitimiste

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740PartagesL’œuvre de J. R. R. Tolkien a été remise au goût du jour par les versions cinématographiques du Seigneur des Anneaux. Elle a ainsi atteint un public encore plus large que celui des romans, avec sans doute pour résultat d’accroître le nombre des lecteurs, mais aussi l’inconvénient que nombre de spectateurs se contenteront d’avoir vu les adaptations à l’écran. Cela a entraîné certains déplacements dans la réception de Tolkien, qui s’apparentent souvent à

Genèse des sociétés de pensée Augustin Cochin et la genèse de la Révolution (II)

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76PartagesLes sociétés de pensée n’ont a priori rien d’effrayant : tout d’abord loisir d’une haute aristocratie désœuvrée, elles se propagent ensuite à toutes les classes sociales et jusqu’aux plus petites villes. Rien de mal en effet : on s’y amuse à tout remettre en question, on y construit un monde imaginaire. Aucune autorité ne prévaut, aucune connaissance préalable sur le sujet abordé n’est requise, mais on y vote des motions

Problématique à l’origine de l’œuvre d’Augustin Cochin Augustin Cochin et la genèse de la Révolution (I)

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58PartagesEn ce début du XXe siècle, les plus grands universitaires — les Aulard, Mathiez et autres Lavisse… — se contentent de décrire l’enchaînement des faits qui conduisent à la chute de la Monarchie. Ceux-là feignent de croire à la génération spontanée des épisodes révolutionnaires, ainsi qu’à l’action magique d’un personnage inédit dans l’histoire de l’humanité : le « peuple », doué de volonté. Frappé par ces singularités, Augustin Cochin, jeune

Pour une lecture traditionnelle du Seigneur des anneaux [2] De la conception "tolkienienne" de la littérature

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23PartagesQu’on le veuille ou non, Tolkien demeure un maître incontesté de la littérature fantastique, ou fantasy, pour reprendre le terme générique qu’il avait lui-même proposé pour ses écrits. Cette primauté indéniable, reconnue bon gré mal gré par tous les auteurs qui s’essaient dans ce genre littéraire d’apparence très abordable, les contraint à se positionner par rapport au magicien d’Oxford, point de comparaison en apparence indépassable, bien que les raisons de

Critique du Testament court de saint Rémi, par Michel Rouche De la valeur historique du document et de ses enseignements

Devant l’abondance de faux documents forgés aux Xe et XIe siècles, plusieurs historiens du XIXe siècle ont mis en doute l’authenticité du Testament de saint Rémi transmis par Hincmar et Flodoard. Faute d’autres sources pour les corroborer, des pans entiers de l’Histoire des Francs de Grégoire de Tours ont ainsi été remis en cause, comme l’épisode du vase de Soissons ou le baptême du Roi franc à Reims. Dans son

Les serments du sacre des rois de France, par Jean de Viguerie Le « serment du Royaume » et ses interprétations

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1PartageLes paroles du serment du Royaume — que le Roi prononce lors de la cérémonie du sacre —, sont restées inchangées pendant des siècles. Si par ses promesses le Roi s’engage bien envers le peuple, le serment est quant-à lui fait à Dieu, ce qui valide et majore les promesses. Le serment du Royaume, s’il n’est prononcé que par le Roi, engendre des obligations réciproques entre le Roi et ses

Le Déclin du courage, par Alexandre Soljenitsyne, Harvard (juin 1978) Communisme et capitalisme, frères ennemis mais frères

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3PartagesDevant la prestigieuse assemblée des enseignants de Harvard, le Prix Nobel rescapé du Goulag soutient que les sociétés soviétique et occidentale moderne ne diffèrent pas de nature. Toutes deux se fondent sur l’autonomie de l’homme par rapport à Dieu et ambitionnent de réaliser son bonheur par le seul changement de système social. Toutes deux génèrent une « pensée unique », l’une du Parti, l’autre de l’opinion. De la société communiste sans loi,

Pour une lecture traditionnelle du Seigneur des Anneaux [1] Anneaux et palantiri : métaphores sur la relation entre fin et moyens

Une analyse du Seigneur des Anneaux a de quoi surprendre : longtemps, l’œuvre de Tolkien a été considérée comme un simple divertissement sans prétentions, comme en témoigne la présentation qui était proposée en quatrième de couverture de Bilbo le Hobbit lors de la première édition de 1937*. Cependant, l’intérêt grandissant de lecteurs aussi nombreux que respectables pour le phénomène mondial que constitue l’œuvre de l’universitaire d’Oxford justifie cette lecture sérieuse à