Pouvoir absolu, pouvoir arbitraire, pouvoir divin et obéissance passive, par Louis de Bonald Observations sur l'ouvrage de Mme la baronne de Staël

Les opposants à la monarchie traditionnelle confondent souvent pouvoir absolu, pouvoir arbitraire et pouvoir de droit divin. Dans ce texte, Bonald s’insurge contre de tels amalgames. Après avoir défini ces différentes expressions, il démontre qu’à l’opposé du pouvoir de droit divin, le pouvoir du peuple souverain est intrinsèquement arbitraire et ne saurait obtenir qu’une obéissance passive ou servile. Pire ! lorsqu’il se montre oppresseur de lui-même, rien ne peut plus

Discours sur la Révolution, par Alexandre Soljenitsyne aux Lucs-sur-Boulogne (1993) La Révolution, malheur des peuples

En 1978 le grand historien François Furet écrivait déjà : « l’œuvre de Soljenitsyne a posé partout la question du Goulag au plus profond du dessein révolutionnaire ; il est inévitable que l’exemple russe vienne frapper comme un boomerang son « origine » française […] Aujourd’hui le Goulag conduit à repenser la Terreur, en vertu d’une identité dans le projet. Les deux révolutions restent liées. » C’est donc naturellement qu’en 1993 Soljenitsyne

Figures politiques du Seigneur des anneaux [3] Sauron et Bombadil : une étude inutile ?

Clore cette étude des figures politiques du Seigneur des Anneaux par Sauron et Bombadil a de quoi surprendre : du premier, archétype du tyran, il n’est visiblement pas besoin de souligner la malignité ; du second, désintéressé de la politique, une présentation dans un tel cadre semble au mieux inutile. Pourtant, en tant qu’archétype, Sauron nous offre la possibilité de caractériser, dans un cadre politique, les causes et les manifestation

Figures politiques du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien [2] Aragorn, successeur ou wundermann ?

Vulgarisé sous les traits de Viggo Mortensen dans l’adaptation de Peter Jackson, Aragorn est évidemment un personnage central du Seigneur des anneaux. Pour autant, et aussi étrange que cela puisse paraître, il intéresse peu les lecteurs du roman, du moins si l’on prend en considération l’abondante correspondance entre Tolkien et ses admirateurs : on y trouve des lettres consacrées à Gandalf, à Sauron, aux Elfes, à Frodon, Sam ou Gollum, mais

Les concepts fondamentaux des sociétés de pensée et de la modernité Augustin Cochin et la genèse de la Révolution (IV)

Impossible de comprendre la Modernité et la Révolution qui l’a enfantée sans connaître les principes des sociétés de pensée. En forgeant l’opinion publique, ces sociétés construisent — à l’insu du plus grand nombre — la société totalitaire décrite dans le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau. À tous les échelons d’un pays, elles distillent : – leurs dogmes (ni Dieu ni maître, chacun sa vérité) et – leurs croyances (le Progrès

Figures politiques dans le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien [1] Gandalf, primus inter pares

L’œuvre de Tolkien, d’abord considérée comme indigne de l’érudit qu’il était, a fini par être reconnue comme un ensemble d’une grande profondeur et d’une grande richesse. Devenu un « classique de la littérature fantasy », le Seigneur des Anneaux a cependant été victime de sa popularité et a subi une lecture minimaliste qui, l’analysant en termes de suspense, de scénario ou de renversements, a évacué l’un des aspects fondamentaux de

L’abolition de l’homme, par C.S. Lewis (1898-1963) Ou l’horizon de la modernité

L’éducation traditionnelle a pour finalité de montrer à chacun comment se conformer à notre nature, à cette loi naturelle que Lewis — l’auteur du Monde de Narnia — choisit d’appeler : le Tao. « Seul le Tao fournit à l’action humaine une loi commune qui peut englober à la fois les gouvernants et les gouvernés. La croyance dogmatique en une valeur objective est nécessaire à la notion même d’une autorité qui

Des diverses espèces de lois, par saint Thomas d’Aquin Somme théologique 1a-2æ, La loi, question 91

À l’opposé des Modernes qui cherchent à soumettre le réel à leur volonté de domination, les Anciens s’appliquent à saisir l’intelligibilité de la Création pour se conformer à la volonté de son Auteur. En effet, Dieu gouverne le monde par la loi éternelle qui est Sa volonté. Dans la créature raisonnable, la loi naturelle participe à la loi éternelle car la lumière de notre raison nous fait distinguer le bien

De la politique génocidaire de la 1re République française, par le communiste Gracchus Babeuf (1760-1797) Chapitre VII du livre « Du système de dépopulation ou la vie et les crimes de Carrier »

Fils de la modernité, le droit-de-l’hommisme provoque son premier génocide en 1793. Au nom de la liberté et de l’égalité, la Première République invente l’archétype du régime totalitaire : le gouvernement par la terreur. Ivres d’idéologie, des comités bureaucratiques décrètent à demi-mots des « populicides » en prenant soin de ne jamais s’impliquer directement et d’en laisser la responsabilité aux exécutants. Lors de leur procès, ceux-ci rétorquent qu’ils n’ont fait

La constitution intime de la loi, par saint Thomas d’Aquin Somme théologique Ia-IIæ, La loi, question 90

La loi est « une ordonnance de raison en vue du bien commun établie et promulguée par celui qui a charge de la communauté. » Aux antipodes du produit d’une volonté de domination autonome, la loi ainsi définie engage la raison de l’autorité dans sa soumission à un ordre qui n’est pas le sien, c’est l’hétéronomie. En effet, l’autorité politique doit d’abord identifier la fin de la vie humaine, pour