La loi naturelle, par saint Thomas d’Aquin Somme théologique Ia-IIæ, La loi, question 94

Immuable, la loi naturelle est commune à tous les peuples. Ses préceptes jouent vis-à-vis de l’action humaine le même rôle que les principes premiers vis-à-vis des sciences. Elle est universellement accessible à la raison : « il y a en tout humain une inclination naturelle à agir conformément à sa raison, ce qui est proprement agir selon la vertu. » Lui appartient ce que l’instinct naturel apprend à tous les

Le roi sous l’Ancien régime, par Frantz Funck-Brentano Du modèle familial de la monarchie française

Dans sa Grande Étude Confucius dit : «  Ceux qui désiraient bien gouverner leurs royaumes, s’attachaient auparavant à mettre le bon ordre dans leurs familles […] la famille étant bien dirigée, le royaume est ensuite bien gouverné ; le royaume étant bien gouverné, le monde ensuite jouit de la paix et de la bonne harmonie. » C’est précisément sur le modèle familial que s’est construite et développée notre monarchie française ainsi que

La loi éternelle, par saint Thomas d’Aquin Somme théologique Ia-IIæ, La loi, Question 93

Oui Dieu a créé tous les êtres avec des natures propres, c’est à dire des lois propres qui leur permettent de réaliser leur fin propre. Oui l’homme est doué d’une raison, qui d’une part le rend capable de connaître les lois et la fin de sa nature, et qui d’autre part le laisse libre d’y conformer sa vie − autrement dit de participer ou non à la loi éternelle. Oui

Un Maurras procatholique mais antichrétien, peint par Louis Dimier Vingt ans d’Action Française (1926), Chapitre I

La situation en ce début du XXe siècle n’est pas sans rappeler la nôtre : ennemi de toute tradition, un gouvernement révolutionnaire libéral — fragilisé par une série de scandales — s’attaque à la société civile à coup de lois liberticides. À l’instar de beaucoup de catholiques aimant leur pays, l’universitaire Louis Dimier est tenté par l’idéologie nationaliste alors émergente. Fermant les yeux sur l’antichristianisme de ses compagnons, il participe

Les effets de la loi, par saint Thomas d’Aquin Somme théologique Ia-IIæ, La loi, question 92

On rencontre souvent de ces gens qui s’estiment dispensés d’obéir aux lois sous prétexte qu’elles proviennent d’un gouvernement mauvais. Or, dans la mesure où elles ne s’opposent pas aux commandements de Dieu (voir Question 96), les lois humaines obligent chacun, car elles ont pour effet de rendre les hommes bons. Même une loi injuste est bonne relativement, en ce qu’elle développe en nous cette vertu d’obéissance, ciment de toute société

Libres propos d’Adolf Hitler sur l’Église catholique Les papes Pie XI et Pie XII répondent à Hitler

Dans son Mein Kampf datant de 1925, Hitler ne peut livrer toute sa pensée, car il n’a pas encore conquis le pouvoir, néanmoins certains passages sont déjà très hostiles au christianisme. Une fois à la tête de l’Allemagne, il organise une persécution telle qu’en 1937, le pape Pie XI et le cardinal Pacelli (le futur Pie XII) dénoncent le nazisme dans l’encyclique Mit Brennender Sorge. Peu après, la véritable pensée

Pouvoir absolu, pouvoir arbitraire, pouvoir divin et obéissance passive, par Louis de Bonald Observations sur l'ouvrage de Mme la baronne de Staël

Les opposants à la monarchie traditionnelle confondent souvent pouvoir absolu, pouvoir arbitraire et pouvoir de droit divin. Dans ce texte, Bonald s’insurge contre de tels amalgames. Après avoir défini ces différentes expressions, il démontre qu’à l’opposé du pouvoir de droit divin, le pouvoir du peuple souverain est intrinsèquement arbitraire et ne saurait obtenir qu’une obéissance passive ou servile. Pire ! lorsqu’il se montre oppresseur de lui-même, rien ne peut plus

Portrait du révolutionnaire, par Richard Hooker (1554-1600) et Éric Vœgelin (1901-1985) Irrationnelle modernité

Le philosophe politique Eric Voegelin est un spécialiste des régimes totalitaires qu’il décrit comme le terme du processus gnostique d’autonomie de l’homme. Parmi les différentes manifestations historiques du mouvement gnostique, il s’intéresse ici à la révolution puritaine qui ébranle l’Angleterre du XVIIe siècle. À partir de la fin du XVIe siècle, ce pays subit en effet l’invasion du protestantisme calviniste. Ceux que l’on nomme les puritains ciblent l’opinion publique avec

Les concepts fondamentaux des sociétés de pensée et de la modernité Augustin Cochin et la genèse de la Révolution (IV)

Impossible de comprendre la Modernité et la Révolution qui l’a enfantée sans connaître les principes des sociétés de pensée. En forgeant l’opinion publique, ces sociétés construisent — à l’insu du plus grand nombre — la société totalitaire décrite dans le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau. À tous les échelons d’un pays, elles distillent : – leurs dogmes (ni Dieu ni maître, chacun sa vérité) et – leurs croyances (le Progrès

L’abolition de l’homme, par C.S. Lewis (1898-1963) Ou l’horizon de la modernité

L’éducation traditionnelle a pour finalité de montrer à chacun comment se conformer à notre nature, à cette loi naturelle que Lewis — l’auteur du Monde de Narnia — choisit d’appeler : le Tao. « Seul le Tao fournit à l’action humaine une loi commune qui peut englober à la fois les gouvernants et les gouvernés. La croyance dogmatique en une valeur objective est nécessaire à la notion même d’une autorité qui