La gnose mère de la modernité, par Éric Vœgelin Immanence gnostique contre transcendance chrétienne

Ce serait une erreur d’identifier la modernité et sa re-divinisation de l’homme à une résurgence du paganisme antique. Éric Vœgelin montre qu’elle émane du christianisme même, ou plutôt de la gnose en tant qu’égout collecteur de toutes les hérésies chrétiennes. Ainsi la déviance millénariste d’un Joachim de Flore engendre-t-elle les mythes modernes du sens de l’histoire, du progrès de l’humanité, de l’avènement du Nouvel Âge, ou Âge d’or. Oublié le

Le combat légitimiste Gouvernement par autorité contre gouvernement par opinion

Bien peu de personnes ont conscience de l’extrême fragilité des fondements théoriques des sociétés révolutionnaires, et si ces constructions artificielles semblent pourtant triompher sur toute la planète, c’est que jusqu’ici, elles ont réussi à fuir ou à étouffer le débat théorique où elles se savent vulnérables. En effet, pour détourner les hommes des questions essentielles de la loi naturelle, de la légitimité, de l’autorité, du droit divin, on les enivre

Nietzsche, ou l’esprit de subversion, par Jacques Galy (1976) La fausse anti-modernité d’un élitiste individualiste

Des philosophes comme Éric Vœgelin ont montré que la modernité s’identifie à un processus de divinisation de l’homme, à son autonomie de la tutelle divine, et la croyance progressiste en un sens de l’histoire. Ainsi, par sa seule volonté, l’homme pourrait être acteur de son progrès vers l’homme-dieu et se faire l’artisan de l’établissement d’un Âge d’or. Cependant la modernité se décline selon deux modalités violemment antagonistes : un mode

Portrait du révolutionnaire, par Richard Hooker (1554-1600) et Éric Vœgelin (1901-1985) Irrationnelle modernité

Le philosophe politique Eric Voegelin est un spécialiste des régimes totalitaires qu’il décrit comme le terme du processus gnostique d’autonomie de l’homme. Parmi les différentes manifestations historiques du mouvement gnostique, il s’intéresse ici à la révolution puritaine qui ébranle l’Angleterre du XVIIe siècle. À partir de la fin du XVIe siècle, ce pays subit en effet l’invasion du protestantisme calviniste. Ceux que l’on nomme les puritains ciblent l’opinion publique avec

Les concepts fondamentaux des sociétés de pensée et de la modernité Augustin Cochin et la genèse de la Révolution (IV)

Impossible de comprendre la Modernité et la Révolution qui l’a enfantée sans connaître les principes des sociétés de pensée. En forgeant l’opinion publique, ces sociétés construisent — à l’insu du plus grand nombre — la société totalitaire décrite dans le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau. À tous les échelons d’un pays, elles distillent : – leurs dogmes (ni Dieu ni maître, chacun sa vérité) et – leurs croyances (le Progrès

On tanne la peau humaine sous la Révolution Française Le corps humain marchandise

De l’Ancien Testament jusqu’à l’Antigone du Païen grec Sophocle, inhumer les morts constitue un devoir, une prescription divine. En effet, de même que l’âme, le corps est une partie de notre humanité, aussi les civilisations les plus primitives marquent-elles du respect envers les dépouilles des défunts. Pour le révolutionnaire matérialiste, l’homme n’est que matière : que pourrait-il donc l’empêcher de destiner des parties de corps humain à des fins utilitaires,

L’abolition de l’homme, par C.S. Lewis (1898-1963) Ou l’horizon de la modernité

L’éducation traditionnelle a pour finalité de montrer à chacun comment se conformer à notre nature, à cette loi naturelle que Lewis — l’auteur du Monde de Narnia — choisit d’appeler : le Tao. « Seul le Tao fournit à l’action humaine une loi commune qui peut englober à la fois les gouvernants et les gouvernés. La croyance dogmatique en une valeur objective est nécessaire à la notion même d’une autorité qui

Antigone, héroïne de la loi naturelle et de la légitimité Du devoir de résistance

En ces temps calamiteux, où la plupart des autorités temporelles et spirituelles se sont ralliées à l’esprit de monde qui proclame les « Droits de l’Homme », de l’homme tout puissant, de l’homme maître de la nature, de l’homme maître de sa nature, de l’homme qui décide du bien et du mal — et donc de l’homme qui se fait Dieu —, du fond des âges une petite voix dérangeante, une petite

Jean-Claude Michéa, critique du libéralisme Un philosophe socialiste pas comme les autres

La critique du libéralisme dont nous ne cessons de subir les effets destructeurs n’est pas l’apanage du camp traditionnel, mais elle est parfois brillamment effectuée par certains tenants d’une gauche anti-libérale, comme Jean-Claude Michéa. Si son argumentaire est solide et implacable, il reste cependant incomplet, car marqué par les idées modernes qui l’inspirent. Ainsi l’égalitarisme empêche-t-il l’auteur d’accepter toute la tradition, dont il concède pourtant que les structures constituent le

Charles Maurras et le nationalisme Le mariage contre-nature de la monarchie avec l'idéologie

Maurras a tenté toute sa vie durant de marier la monarchie avec l’idéologie nationaliste. Or, comme le libéralisme et le socialisme, le nationalisme est enfant de la Révolution et constitue pareillement une religion séculière qui exalte l’autonomie de l’homme par rapport à Dieu. Le maître de l’Action française parsème d’ailleurs son œuvre de phrases à fort relent gnostique en développant une mystique du progrès de l’homme — de la nation