Un mondialiste inattendu : Louis Veuillot (1813-1883) Ou l’illusion du « parti catholique »

Cent quarante ans après sa disparition, Louis Veuillot laisse le souvenir d’un grand défenseur de la Foi dont l’anti-libéralisme est resté proverbial, et pourtant… Négligeant l’ordre naturel et la question essentielle de l’institution politique, il se contente de promouvoir un groupe de pression : le Parti catholique. Persuadé que la société reste à inventer, il s’enthousiasme pour la dernière utopie ou pour le dernier homme fort en qui il reconnaît,

Quand Henri d’Orléans négociait un trône avec Hitler Des documents pour servir l'histoire de l'orléanisme

L’absence de légitimité des Orléans dans la revendication de la couronne de France a conduit certains membres de cette branche cadette aux pires extrémités. Nous publions ici deux documents qui dévoilent les démarches du comte de Paris mendiant un trône à Hitler en échange de son aide « pour établir en Europe un ordre nouveau.  » On attend avec impatience le prince d’Orléans qui relèvera l’honneur de cette famille en se

Lettre à monseigneur le Dauphin, par Bossuet De l’éducation au dur métier de roi

Avec des accents tout confucéens Bossuet rappelle la nécessité pour tout homme d’exercer sa raison, « cette lumière admirable, dont le riche présent … vient du ciel » et « par laquelle Dieu a voulu que tous les hommes fussent libres ». Acquérir l’esprit de discernement, apprendre à résister à l’esclavage des passions, entraîner son attention, tel est précisément le rôle de l’éducation. C’est pour faire du fils de Louis XIV un

Le combat légitimiste Gouvernement par autorité contre gouvernement par opinion

Bien peu de personnes ont conscience de l’extrême fragilité des fondements théoriques des sociétés révolutionnaires, et si ces constructions artificielles semblent pourtant triompher sur toute la planète, c’est que jusqu’ici, elles ont réussi à fuir ou à étouffer le débat théorique où elles se savent vulnérables. En effet, pour détourner les hommes des questions essentielles de la loi naturelle, de la légitimité, de l’autorité, du droit divin, on les enivre

Figures politiques du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien [2] Aragorn, successeur ou wundermann ?

Vulgarisé sous les traits de Viggo Mortensen dans l’adaptation de Peter Jackson, Aragorn est évidemment un personnage central du Seigneur des anneaux. Pour autant, et aussi étrange que cela puisse paraître, il intéresse peu les lecteurs du roman, du moins si l’on prend en considération l’abondante correspondance entre Tolkien et ses admirateurs : on y trouve des lettres consacrées à Gandalf, à Sauron, aux Elfes, à Frodon, Sam ou Gollum, mais

Figures politiques dans le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien [1] Gandalf, primus inter pares

L’œuvre de Tolkien, d’abord considérée comme indigne de l’érudit qu’il était, a fini par être reconnue comme un ensemble d’une grande profondeur et d’une grande richesse. Devenu un « classique de la littérature fantasy », le Seigneur des Anneaux a cependant été victime de sa popularité et a subi une lecture minimaliste qui, l’analysant en termes de suspense, de scénario ou de renversements, a évacué l’un des aspects fondamentaux de

Leçons politiques tirées de la lettre de Jeanne d’Arc aux habitants de Riom « Que notre Sire soit protégé par vous ! »

La monarchie est un bien commun et non le bien du roi, aussi relève-t-il du devoir de chaque Français de participer de toutes ses forces à la restauration de ce régime naturel et juste, pour le salut du Pays. C’est ce que sainte Jeanne d’Arc rappelle dans cette circulaire adressée aux habitants de plusieurs villes, dont la ville de Riom qui en a conservé l’exemplaire. [VLR]

Quand la Gauche républicaine prônait la colonisation au nom « du droit des races supérieures » Le racisme de la République des Jules Ferry, Gambetta et Paul Bert

La fin du XIXe siècle voit le triomphe du positivisme d’Auguste Comte chez nombre d’intellectuels. Sur les traces du philosophe, les radicaux de gauche Léon Gambetta, Jules Ferry et Paul Bert adoptent son programme d’instaurer une république universelle ayant pour capitale Paris et « d’organiser sans dieu ni roi ». S’appuyant sur l’évolutionnisme darwiniste, cette gauche républicaine égalitariste justifiera sa politique de colonisation en enseignant l’inégalité des races aux jeunes

Légitimité et royalisme, par Guy Augé La légitimité, ou l’obéissance libre (1977)

S’il est une constante dans nos sociétés modernes, c’est bien le mépris du citoyen envers les représentants du pouvoir démocratique ; pouvoir auquel il est pourtant contraint d’obéir servilement au nom d’un légalisme justifié par le nombre ou l’opinion. Un Tocqueville le déplore : « Quelque soumis que fussent les hommes de l’ancien régime aux volontés du roi, il y avait une sorte d’obéissance qui leur était inconnue : ils ne savaient pas

Jean-Claude Michéa, critique du libéralisme Un philosophe socialiste pas comme les autres

La critique du libéralisme dont nous ne cessons de subir les effets destructeurs n’est pas l’apanage du camp traditionnel, mais elle est parfois brillamment effectuée par certains tenants d’une gauche anti-libérale, comme Jean-Claude Michéa. Si son argumentaire est solide et implacable, il reste cependant incomplet, car marqué par les idées modernes qui l’inspirent. Ainsi l’égalitarisme empêche-t-il l’auteur d’accepter toute la tradition, dont il concède pourtant que les structures constituent le